Gilad Shalit est un soldat de l’armée israélienne, capturé par le Hamas le 25 juin 2006 lors de son service militaire près de la bande de Gaza,
en territoire israélien, et retenu depuis comme otage . Il détient les deux nationalités israélienne et française.
Pour Gilad Shalit,
enlevé aux siens à Kerem Shalom,
le 25 Juin 2006,
Mère, voici ton fils au fond de son cachot,
Seul ton regard pourrait dissiper ses ténèbres,
Seule ta voix pourrait couvrir les chants funèbres,
Père, voici ton fils bâti à sable, à chaux.
Mère, j’ai cette force et cette foi transmises,
Qui me furent données par Noam et par toi,
A Yoël et Hadras aussi sous votre toit,
Père, si nécessaires à la Terre promise.
Mère, voici la fosse où ils m’ont descendu,
Tous ont ri quand ils ont balancé cette corde
Comme ils ont rejeté toute miséricorde,
Père, voici le puits où Joseph est rendu.
Mère, voici la meule où la meute m’enchaîne,
Mon crâne fut rasé comme ils firent à Samson,
Ah, psalmodiez pour moi Kyrie eleison,
Père, ne me laissez pas seul dans la Géhenne.
Mère, voici le temps que nul ne peut compter,
Mille six cent vingt jours dont les heures s’égrènent,
Mille six cent vingt jours qui meurent de gangrène,
Père, voici le temps que nul ne peut dompter.
Mère, voici le jour filtrant par l’interstice,
Est-il cette promesse, est-il la rédemption,
Ou répètera-t-il l’aube de damnation
Quand ils m’ont enlevé peu après le solstice ?
Père, voici les murs que seul tu peux franchir,
Ils sont levés moins haut que ton amour terrestre,
Toi qui plains les geôliers que leur prison séquestre,
Cette haine dont nul ne voudra s’affranchir.
Photo de Gilad Shalit
Quel Juge ébranlera les colonnes du temple
Et fera s’écrouler l’idole de Dagon,
Ah, qui arrachera la porte de ses gonds
Qu’enfin libre, chez nous, je retourne à pas amples.
Rends-moi le Mont Carmel, la mer de Galilée,
Le clapotis de l’eau, le soir à Tibériade,
Et la douceur du ciel, les étoiles en myriades,
J’ai oublié, Yoël, le monde tel qu’il est.
Ô gardiens d’Israël, remparts faits d’hommes libres,
Nous sommes si fragiles et si forts à la fois,
L’exemple seul nous guide au geste et à la voix,
Et la Loi déployée dans les pages du Livre.
Hadras, l’air du dehors est un vin qui m’enivre,
Redis-moi le parfum de la plus humble fleur,
Je n’ai pas assez d’eau pour que coulent mes pleurs,
Rappelle-moi ce que sont la pluie et le givre.
Manifestation en faveur de Gilad devant la Mairie de Pau le 23 juin 2010
J’entends parfois, j’entends votre marée humaine,
Est-ce un songe imposteur, une hallucination,
Est-ce de votre élan l’intime vibration,
Je me laisse emporter là où elle m’emmène.
Père, tu m’attendras sous les oliveraies,
Mère, murmure-moi ce prénom que je porte,
Et vous tous, que cette pensée vous réconforte :
Un jour de palmes, un jour, pour vous je rentrerai.
Jean-François AMBLARD
Pau, le 17 Décembre 2010
Groupe de touristes à Jérusalem -
avril 2009